Journal de bord 8 du 12 au 16 Juin

Traversée express du Turkménistan

Un couple de suisses a embarqué à bord du poulpe pour cette aventure. Tout d’abord parce qu’il est interdit de passer la frontière en stop ou à pied, que le taxi est extrêmement cher, ensuite parce que les douaniers n’étaient pas prêt à laisser filer dans la nature deux touristes incapables de citer les noms de tous leurs hôtels.

Achgabat. Une ville à voir… mais pas en photo, c’est interdit. Du gigantesque, du luxe et du blanc partout. La journée, des petites mains balayent les rues, la nuit elles briquent l’extérieur des immeubles. Le nouveau président a fait détruire toute une partie de la ville, puis tout reconstruire, à sa grandeur. Les trottoirs ne sont pas faits pour flâner, si l’on s’arrête pour discuter, un garde ou policier nous siffle et nous fait signe d’avancer.

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Nous parvenons tout de même à rencontrer Didda, un turkmène qui parle parfaitement anglais, qui aime son pays mais déteste son fonctionnement. Il nous fait découvrir la ville et ses bazars, nous aide à trouver un des quatre seuls lieux du pays où l’on peut retirer de l’argent, et nous allons ensemble camper au bord d’un lac à la sortie de la ville. Les filles redécouvrent la baignade en maillot, et Didda nous cuisine au feu de bois un plov, plat à base de riz, viande et carottes.

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Le Poulpe reprend sa croisière avec un équipier de plus. Didda décide de voyager avec nous jusqu’à la frontière ouzbek. C’est long, les routes sont cabossées, ou en travaux. On arrive de nuit à Mary. Une tempête de sable s’annonce quand Didda fait la surprise d’aller chez un ami de ses parents. Leur maison est spacieuse, la cour intérieure fait le lien entre la salle de bain, la cuisine et les autres pièces. Ils nous offrent une douche, puis nous invitent dans leur salon. Ils ne s’encombrent pas d’objets inutiles, ont pour seuls meubles une télé et trois étagères, et pour décoration de gros rideaux et tapisseries. Nous nous asseyons sur des tapis et mangeons sur une nappe elle-même déposée sur une toile cirée. Les hôtes sont très fiers de montrer le film du mariage du plus grand de leur deux fils, datant d’il y a deux mois. On compte plusieurs centaines d’invités et 5 caméras. Les deux fils de la famille sont des chanteurs connus dans la région. Une fois mariée, la femme quitte sa famille pour venir habiter chez les parents de son mari, dans un appartement à l’étage de la maison. C’est elle qui nous sert à table, va préparer le thé, débarrasse. Elle reste toujours en retrait et a un voile dont elle en tient un bout en permanence avec sa bouche. Depuis le mariage, elle doit couvrir sa bouche et ne pas parler jusqu’à ce que la famille du marié lui fasse un beau cadeau. Mais ce cadeau n’arrive pas comme ça, il faut, par exemple, qu’elle attende un enfant… Ce soir-là, nous dormons les filles dans une chambre à l’étage, les garçons dans la future maison des mariés.

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Le lendemain, c’est excursion avec un des fils et un petit voisin à Merv, une ancienne cité. Et nous répondons ainsi à la devinette « comment fait-on pour faire rentrer 9 personnes dans un poulpe ? » : « 2 à l’avant, 7 à l’arrière ! ».

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Avant de reprendre la route, nos hôtes et Didda se concertent pour trouver un bon coin pour passer la prochaine nuit. Il y a bien deux lacs mais au premier a eu lieu un meurtre la nuit précédente, et dans le second nageraient des poissons-serpents mangeurs d’hommes. Si si, Didda l’a dit !! On opte pour la petite datcha pas chère le long d’une rivière, que l’on atteint après une dizaine de kilomètres de tâtonnement sur piste ensablée. La nuit vient de tomber. Une petite discussion avec l’homme qui ouvre le portail et Didda revient au Poulpe bouleversé et apeuré. L’homme lui a dit qu’il a provoqué le grand incendie de Mary il y a cinq ans et qu’il pense recommencer ce soir. Il part dans son jardin à la lueur de nos phares moitié en courant, moitié en claudiquant, les bras en l’air. Nous décidons de continuer notre route et Didda nous trouve un hôte pour la nuit, qu’il ne connait pas. C’est qu’au Turkménistan, il nous semble comprendre que l’hospitalité est une règle, il suffit de toquer à une porte…

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Le Poulpe finit sa course sans encombre jusqu’à la frontière ouzbek !

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