Journal de bord 9 : du 16 au 25 juin


Nouvelle semaine, nouveau pays et enfin des nouvelles !

Après la traversée du Karakouroum (les sables noirs) le Poulpe refait surface en Ouzbékistan plus motivé que jamais. La frontière est agréablement franchie au son de l’ukulélé et de l’accordéon, les douaniers aiment la musique et les blagues bien grasses nous faisons tout pour les contenter. Les 120 litres de gazole (achetés 10 centimes le litre au Turkménistan) contenus dans des jerricans et dans notre réservoir d’eau nous poussent à faire profil bas surtout que toutes les stations-services du pays sont fermées suite à une rupture de carburant.

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En Ouzbékistan la route de la soie est ponctuée de haltes aux noms toujours célèbres, Khiva, Samarkand, Boukhara encore fréquentée par de très nombreux voyageurs. Un petit choc pour nous après tant de semaines à l’écart des routes touristiques, des guest-houses, des bars et des guides. Il est vrai que Boukhara est magnifique avec sa citadelle, ses grandes médressa aux portails de briques peintes et aux coupoles d’un bleu pur. Mais qu’est-ce qu’il y fait chaud ! Impossible de bouger avant 18h et difficile de dormir la nuit à quatre dans notre Poulpe et puis cette histoire de registration obligatoire qui nous chagrine. Car oui dans cette dictature ou rien n’a changé depuis la chute de l’URSS il est interdit de dormir chez l’habitant et « obligatoire » de s’enregistrer chaque nuit dans un hôtel (10$ par nuit et par personne) ou dans un centre agrée sous peine d’amende rédhibitoire, c’est ce que nous avions lu partout sur internet et c’est ce que tous les voyageurs nous avaient annoncé !! Heureusement pour nous notre statut de touriste motorisé semble nous dédouaner, c’est en tout cas ce qu’affirme un fonctionne de l’OVIR et nous préférons le croire (plus de détail ici pour tous les voyageurs).

Recherchant le frais et l’humide nous cabotons alors à travers le désert et les steppes nues, de lacs salés en canaux, de rivières troubles en barrages pour rejoindre Samarkand, ce qui nous laisse le temps de comprendre l’appétence des ouzbeks pour la vodka ! Ici encore splendeurs de dômes bleus, de briques glacés, de mosaïques somptueuses et démesures des bâtiments à la gloire Tamerlan mais surtout de petites et fabuleuses mosquées dépourvues de murs et recouvertes d’un toit de bois peint déposé sur de très beau pilier de bois sculpté. Un vrai havre de paix et de fraîcheur quand toutes les pelouses de la ville sont réservées aux seuls oiseaux.

Entre visites et chaleur léthargique nous trouvons le temps de dégoter le resto étudiant de la fac de médecine qui propose une cuisine fort honnête et réalisée sur place pour trois fois rien.

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Reste le problème de l’eau, nous en buvons beaucoup mais sa couleur vire maintenant au blanc pâle et nos bidons prennent une odeur d’étang caractéristique. On croyait nos estomacs solides et résistants mais tour à tour nos boyaux nous abandonneront perfidement. Et ce n’est pas l’approvisionnement en eau à la clinique ou dans une pharmacie qui changera le problème, vive le Smecta® s’écrie en cœur l’équipage !

Une fois Samarkand visitée et les soucis de boisson réglés à base de Micropur® nous reprenons la route vers l’un des deux seuls fleuves du pays le Syr-Daria ou nous pêchons, pour la première fois du poisson, et où nous nous baignons dans une eau chargée en engrais et en pesticide histoire de reprendre des forces.

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Une autre étape, en montagne cette fois, nous rappellera que parfois il peut faire frais. L’occasion aussi de randonner sur les contreforts d’une chaîne montagneuse, de croiser les très nombreux alcooliques du coin, et de se baigner, toujours, mais cette fois dans un cours d’eau radioactif !

Pour boucler notre tour du pays il ne nous reste plus qu’à visiter une soierie fonctionnant encore sur des principes traditionnels. Cuisson des cocons au feu de bois, évidage manuel des cocons, métiers à tisser mécanique et à la sortie des tapis, faits main of course. Si comme nous, apprendre qu’un cocon est constitué d’un seul fil pouvant mesurer 2km et que 100 grammes de vers à soie engloutissent 300 kg de feuilles de muriers quotidiennement vous passionne, sur ce lien un article complet.

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Nous roulons maintenant vers le Kirghizistan voisin qui nous apparait comme le paradis sur terre si l’on se fie aux voyageurs, une température clémente, une population sympathique, de grandes étendues vertes (le sable c’est pas top dans la popote) et enfin un pays où nous ne serons plus arrêté deux fois par jour pour le contrôle de nos passeports. Car l’Ouzbékistan c‘est une sacrée dictature, des policiers omniprésent qui contrôlent gentiment votre visa et puis cette interdiction de dormir chez l’habitant ou en campagne qui force à partir le matin à l’arrivée de la police ou même en pleine nuit quand le voisin qui vous invite à manger en profite pour vous dénoncer aux autorités afin d’être certain que vous ne dormirez pas devant son champs.

Heureusement les abricots sont là pour nous réconforter ! Des fruits charnus gorgés des 40° de soleil quotidien que l’on ramasse à tout moment en tendant simplement le bras !

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