Journal de Bord du 30 novembre au 6 décembre

En quittant Dyarbakir, la capitale des kurdes de Turquie, nous quittons aussi Jean-Yves l’un des passagers intérimaires du Poulpe. A nouveau trois dans notre fourgon nous fonçons prestement sur Sanliurfa.

Changement d’ambiance radicale. D’un cours bond nous sommes transportés au Moyen-Orient. Autour de nous les hommes sont tous ou presque vêtus de sarouels et coiffés du cheikh, les femmes voilées arborent d’épais tissus brodés et tous se pressent dans le bazar immense qui constitue le centre-ville.

Ville sainte pour les musulmans, elle abrite la grotte dans laquelle aurait vécu Abraham. Le pauvre homme aurait été condamné à être brulé vif par le roi Nemrut après qu’il eut demandé à celui-ci de renoncer au polythéisme. Heureusement Dieu dans sa mansuétude l’arrache au bucher, transforme les braises en autant de poissons et réceptionne Abraham sur un tapis de roses. Depuis, les croyants viennent nourrir les nombreux poissons sacrés qui nagent dans le lac formé par le bucher avant d’aller flâner dans la roseraie.

On se croirait dans un conte des mille-et-une-nuits. L’atmosphère est douce et relaxante, la ville envoutante. Pendant deux jours nous déambulons dans les ruelles étroites, les allées surchargées du bazar et le cimetière. Un moment bienvenu, hors du temps et des saisons.

Histoire de garder l’équilibre, de balancer notre yang et notre ying, on rejoint Gaziantep la métropole moderne de l’est connue pour son effervescence, ses pistaches et ses réfugiés syriens. Les réputations ne sont pas usurpées autant de pistaches sur les marchés que de syriens dans les rues.

On retrouve rapidement notre couchsurfeur et nous voici à nouveau confronté à l’Histoire. Ilhan est kurde. Il a travaillé pour le P.K.K. le parti marxiste indépendantiste. Après ses études il a refusé d’effectuer son service militaire pour les forces tuques, il a été incarcéré deux fois, été jugé et s’est vu retiré sa nationalité turque. Depuis, quand il travaille c’est au noir. Impossible pour lui de sortir de son pays. Alors il attend une possible amnistie et la mise en place d’une fédération turque où les kurdes seraient plus représentés. Une vie à attendre chez lui, assis dans son canapé que les chosent changent.

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Et un point-de-vu sur les réfugiés syriens, aussi tranché que sa position. Pourquoi fuient-ils leur pays en guerre, pourquoi appellent-ils à l’aide les kurdes de Turquie et d’Irak et pourquoi ne luttent-ils pas eux-mêmes ? Nous sommes décidemment bien trop tendres ou bien trop mous pour tout saisir.

Nous rallions d’une traite Mersin, sur la côte est de la méditerranée. Autre paysage, autre ambiance, autre Turquie. Un peu comme à Marseille, les ventres sont plus ronds, le raki (équivalent sans réglisse du Pastis) plus présent et les immeubles un peu moins laids. Sur le port des pêcheurs s’escriment contre de minuscules castagnolles en avalant des bières dans un silence religieux. Le ciel est gris la mer très bleue et dans les arbres, des oranges, tout autour de nous des oranges, chouette !

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En bonus les restaurants du port nous font don d’un impressionnant stock d’huile avec ça nous voici occupés à filtrer pour les deux prochaines semaines.

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Il est temps de rejoindre la ferme pour donner un peu de notre temps et de notre force de travail en échange du gîte et du couvert.

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