Change l’embrayage de ton merco 207D

Tu as de l’espace, un ami, beaucoup de temps et pas mal d’outils ? Alors tu peux être prêt, c’est pas bien compliqué !

(Conseils :

– On te conseille de changer le kit complet d’embrayage (ou de le commander une fois que tu as enlevé l’ancien) parce qu’ on ne sait pas à l’avance ce qui est défectueux.

– A chaque fois que tu enlèves une vis ou un boulon pour enlever une pièce, remets la/le sur la pièce ou sur la partie moteur d’où vient la pièce. Ca évitera de perdre les vis et d’oublier où elles vont.

– BDV = Boite de vitesse)

Soulève le camion le plus possible pour faciliter les toutes les manipulations. Nous l’avons mis sur des parpaings et planches.

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Vide l’huile de Boite De Vitesse, puis remets la vis sur la BDV.

Enlève le gros câble de masse qui est fixée sur la BDV (remets la vis sur la BDV).

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Enlève le tachymètre, qui se trouve à droite des biellettes et au-dessus du câble de masse.

Enlève la fourchette d’embrayage. N’oublie pas de remettre sur la BDV la plaque et les deux vis que tu viens d’enlever.

Pour enlever le démarreur, je te conseille d’enlever d’abord le pot d’échappement.

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Puis, pour enlever le démarreur, débranche les câbles du démarreur (reliés au neiman + batterie)

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Ensuite, pour enlever le démarreur, il y a deux vis sur la BDV à enlever. A l’opposé, le démarreur est maintenu par une plaque en L, et sur cette plaque il y a deux vis fixées au démarreur et deux autres fixées au moteur.

Enlève le support-moteur qui tient la boite de vitesse.

Desserre d’abord le support-moteur qui tient le moteur, sans enlever la vis (ça permettra que moteur et BDV s’inclinent légèrement vers le bas, ce qui t’aideras à enlever la BDV plus facilement).

Ensuite mets un cric sous le moteur pour ne pas infliger trop de poids au moteur en enlevant le support-moteur.

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Puis enlève le support-moteur de la BDV. Certaines vis sont très serrées. Tu peux rallonger l’outil en le mettant dans une petite barre creuse, ce qui décuple la force.

Détache les trois biellettes qui relie le levier de vitesse à la BDV. Pour celle du milieu, il n’y a pas l’espace nécessaire pour enlever la patte, il faut aussi dévisser et enlever l’attache à la BDV.

Dévisses l’attache du levier de vitesse à la BDV, débranche le témoin de marche arrière. De l’habitacle, dissocie le levier de vitesse à la pièce que tu viens d’enlever. Cela laisse donc un trou au plancher, qui sera utile par la suite.

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Pour enlever l’arbre de transmission, dévisses-le au niveau de la BDV (encerclé en rouge sur la photo ci-dessous) et en son milieu.

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Tu peux maintenant enlever la BDV !

Dévisse les sept grosses vis qui tiennent la BDV, mais pas complètement.

Une personne peut se mettre dans l’habitacle avec une corde passée dans le trou du levier de vitesse qui entoure la BDV pour la soutenir et revient par ce trou.

Une autre personne se met sous la BDV, elle finit d’enlever les vis (pendant que l’autre tient bien la BDV avec la corde) et tire la BDV vers l’arrière, dans l’axe, pour l’enlever. Pour t’aider à la tirer, tu peux te mettre sur le dos, soutenir la BDV avec tes genoux et tirer avec tes mains.

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Fin de l’introduction, tu vas pouvoir commencer à changer l’embrayage !!!

(au moment où tu as enlevé la boite de vitesse, la butée d’embrayage a dû venir avec l’axe de la boite de vitesse. Note bien dans quel sens elle se met pour le remettre ensuite.)

Enlève les vis qui maintiennent l’embrayage. Pour éviter que le volant moteur tourne sous l’impulsion de la clé à laine, tu peux le bloquer en insérant un outil sur un côté pour le bloquer.IMG_5728

En enlevant le disque d’embrayage, je te conseille de nettoyer toute l’intérieure de la boite d’embrayage à l’acétone. L’usure du disque fait beaucoup de poussière/saleté.

Ensuite pour pouvoir remettre le nouveau disque, si le centreur n’est pas fourni avec le kit, il faut le fabriquer. Le centreur sert à garder bien positionné le disque d’embrayage dans l’axe de la boite de vitesse. Tu peux mettre, comme sur la photo une douille de 10mm dans un de 15mm, à fixer avec pas mal de scotch.

Ensuite, remets le nouveau kit d’embrayage, à l’aide du centreur.

Maintenant, y’a plus qu’à tout remonter, en sens inverse !!!

Conseils en plus pour le remontage:

– Pour accoupler l’arbre de transmission à la boite de vitesse : Si les trous ne sont pas en face, tu peux après avoir remis la « fourchette d’embrayage » appuyer sur la pédale d’embrayage et faire tourner la boite pour la mettre en face de l’arbre de transmission

– Pour remettre l’huile de pont, tu peux faire passer une durite par le capot de l’habitacle avec un entonnoir au bout (on a pris une bouteille coupée, fait un trou dans le bouchon pour rentrer la durite et bouché l’espace restant avec un chewing-gum).

-N’oublie pas de resserrer les silent-bloc du bloc moteur.

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Journal de bord du 16 au 24 juillet

-« Toc, toc, toc.

-Entrez ! »

Et voici comment le poulpe se retrouve en Slovaquie.

Les premiers pas de l’équipage prennent la direction du parc trinational de Polony. A cheval entre la Slovaquie, l’Ukraine et la Pologne, aucune lumière n’est autorisée à y luire la nuit de manière à perturber le moins possible les animaux qui y habitent.

L’endroit est joli mais pas fou non plus, et on se demande si cette idée d’une zone sans lumière n’est pas un prétexte pour obtenir des subventions de l’UE ou de quelque qu’autre institution plutôt qu’une réelle initiative du monde de la recherche scientifique. Qu’importe, on y trouvera le moteur de notre existence, le saint graal de nos papilles, des girolles et des myrtilles.

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Alors oui, avec des myrtilles on peut faire de la confiture, mais voilà, nos placards sont déjà remplis par les bocaux, nous nous lançons donc dans une recette plus audacieuse, la tarte à la myrtille cuite dans sa grosse casserole sur mini poêle à bois. Et bien mes amis, figurez-vous, le résultat est là !

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On vous épargne la liste de nos excursions myrtilles, mais sachez que depuis ce jour nous nous réitérons régulièrement ce petit dessert fort apprécié du Cinéfritour.

C’est d’ailleurs avec une tarte aux myrtilles dans les bras que nous allons accueillir Flo en gare de Poprad. Ce vieil ami est venu s’imprégner pour trois semaines de l’odeur de nos chaussettes fermentées et de notre humour pas toujours très drôle.IMG_5232

Nous l’emmenons tout d’abord au paradis slovaque, faire la balade du « grand faucon ». Ce chemin remonte une longue gorge et tout du long des échelles faites à partir de troncs ou soudées dans la roche sont là pour soutenir nos pas hésitants. C’est très joli, il nous faudra malheureusement parcourir les derniers kilomètres en courant, poursuivis par des hordes de taons voraces, excités par l’orage approchant.

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Nous allons ensuite faire un petit tour du côté de Martin, ville au cœur du renouveau national slovaque au 19ème, qui a l’air de s’être un peu endormie depuis. Il s’y trouve un musée ethnographique que nous souhaitons visiter car il dispose d’une section dédiée à la culture rom de Slovaquie. Ma foi, les commentaires des visiteurs en disent plus long sur leur intégration actuelle que l’exposition elle-même, nous sautons de « ils sont paresseux » à « ils n’ont pas besoin de travailler vu que l’Etat leur donne de l’argent ».

Nous quittons Martin songeurs, mettant le cap sur un tout petit village près de la frontière avec la République tchèque où nous prenons bien soin de faire une halte dans chaque petit lac, de manière à se rafraîchir pour certains, ou d’observer encore et toujours la multitude des techniques de pêche pour d’autres.

Journal de Bord du 8 au 15 juillet

Ukraine, deuxième partie, c’est parti. Après nos deux semaines passées à Longo Maï nous partons dans les montagnes. Malheureusement pour nous le temps n’est pas au beau fixe, tout comme le moral des habitants. Pas une conversation sans que l’on nous raconte combien le pays va mal, que des millions d’ukrainiens ont quitté le pays, que la guerre est proche, pas un échange sans qu’on nous dise que de toute façon, qu’est-ce que tu veux bien pouvoir faire avec un SMIC de 60 euros par mois ? Enfin, pour ceux qui ont un boulot, parce qu’il n’y a pas de boulot…

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Bref, la grande joie.

Et il y a ce que l’on ne dit pas, et qui n’est pas bien beau à voir. Plantés devant l’épicerie d’un petit village une journée durant, nous avons pu observer le balais des habitants, venant chacun tour à tour s’acheter une bouteille de vodka d’un demi litre.

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Un second défilé, tout autre,  se déroule en parallèle : celui des ramasseurs de framboises. Ils arrivent le matin par le train, et repartent le soir les seaux pleins, difficile de trouver un emploi salarié. Après les avoir observés une journée, nous décidons nous aussi de partir à la chasse aux petits fruits. Un gentil bûcheron du coin, à peine alcoolisé, nous emmène à pied à une demi-heure de là. Et c’est le paradis ! On fait carton plein en un rien de temps, et passons l’après-midi à faire de la confiture.

Le soir, nous organisons une petite projection pour les nombreux enfants du village. Les parents sont là, et il n’est pas toujours facile de se concentrer sur les films, tant un loustic rencontré au bar quelques heures auparavant, braille et s’agite, tout plein d’alcool qu’il est.

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Nous opérons ensuite notre grand retour dans les plaines chaudes et arides, à la recherche d’un opticien pour camion. Notre pare-brise s’étant bien amoché avec le temps, nous emmenons poulpi faire une petite visite de courtoisie chez l’oculiste.

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Nous voici enfin à Velikyi Bereznyi, dernière étape avant la Slovaquie. Au centre-ville les bâtiments de béton s’écroulent peu à peu. A la périphérie les habitants viennent en famille profiter de la fraîcheur de la rivière bordée d’herbe. La région est placée sous haute surveillance militaire suite à des affrontements armés ayant eu lieu entre, au choix, séparatistes ruthènes, milice, mafia locale et l’armée. Voulant mener une enquête au cœur des unités de défense armée Adrien a une idée de génie. Se faisant passer pour l’un des baigneurs du dimanche il remonte paisiblement la rivière. Et là, Bim, une mitraillette. Bam, une autre mitraillette. Deux hommes torse-nu empêchent soudainement sa progression. Ne se démontant pas, notre fier enquêteur leur fait signe qu’il ne leur veut pas de mal, qu’il ne veut rien avoir affaire avec eux et rebrousse chemin. Mais non, non, non, les choses ne peuvent tout de même pas être si simples. Un peu inquiet Adrien se voit dans l’obligation de suivre ces deux larrons. Arrivé à la tour de contrôle, il comprend que ce sont des militaires. Après quelques explications données en russe Adrien comprend qu’il a franchi la frontière avec la Slovaquie. Notre inspecteur en sera bon pour 5 heures à la caserne où il devra répondre quatre fois aux mêmes questionnaires, il passera surtout le plus clair de son temps à attendre. Attendre que l’officier soit libre, attendre que l’homme en charge de la retranscription du dossier arrive de sa caserne située à 40km de là, attendre que toutes les données soient écrites et recopiées plusieurs fois à la main, attendre qu’une personne sache lire l’alphabet latin pour intégrer les données dans ce même dossier…

Au final notre héro en sera bon pour s’acquitter d’une amende de 6 euros à la sortie du territoire.

Ciao l’Ukraine, bonjour la Slovaquie !

Journal de bord du 30 juin au 7 juillet

Nous voici de retour au Far-East de l’Europe, en Ukraine, dans un de ces pays que nous apprécions tant, tout juste éclot de l’URSS grinçante. Dès le franchissement de la frontière nous retrouvons les immenses blocs de béton et cette atmosphère que nous chérissions tant dans le Caucase et en Asie centrale ; les tuyaux de gaz jaunes omniprésents, les ensembles administratifs si impressionnants, cet air un peu rude qu’abordent les gens dans la rue, les stands des marchés tenus par les babouchkas, les dizaines de types de poissons fumés vendus dans les bars dans des bidons plastiques à couvercle rouge…

Nous sommes venus en Ukraine principalement pour voir comment fonctionne, depuis plus de 40 ans,  le réseau d’une dizaine de communauté Longo Maï essaimées à travers l’Europe (France, Allemagne, Suisse, Autriche, Ukraine).

Pour les curieux, voici de quoi assouvir votre soif de savoir:

http://www.prolongomaif.ch/pro-longo-mai/qui-sommes-nous-plus/

Nous sommes donc restés une quinzaine de jours, au milieu des chênes et des cèpes dans l’immense maison gérée par la communauté. La maison est construite principalement en terre, elle est équipée de toutes les innovations écologiques dont on puisse rêver, des toilettes sèches montées sur rails accessibles depuis tous les étages, un gigantesque rocket stove, un séchoir solaire, tout le tatouin et même plus. Cette communauté est composée de trois adultes, et deux enfants, ça fait peu, ils aimeraient d’ailleurs être plus, alors si vous vous sentez l’âme slave et communautaire ça peut être une idée.

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Ils produisent du jus de pommes et fabriquent des savons. Comme la saison n’était pas vraiment aux pommes nous avons passé le plus clair de notre temps à ramasser des champignons, les faire sécher, aider à la confection de confitures pour l’hiver et jardiner.
Aussi et surtout, ils s’investissent à fond pour le développement de la vie culturelle de leur village. Activités artistiques pour les jeunes, remise à flot d’un vieux cinéma trop longtemps délaissé, organisation d’un festival de théâtre annuel, le dernier jour, nous avons d’ailleurs pu assister au spectacle de feu des jeunes à l’occasion du tournoi de volley inter-village. Musique traditionnelle et soupe de mouton étaient aussi de la partie, on aurait été déçus de louper ça !

Journal de bord du 21 au 29 juin

Après avoir bien rigolé avec nos nouveaux copains il est temps de repartir, un bref arrêt dans la ville de Targu Mures (le temps de se faire voler nos magnifiques pieds de tomates), puis direction les montagnes, la forêt, la nature loin du béton et de la pollution.

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Et pour une fois nous trouvons notre bonheur sans trop de difficulté au fond d’une vallée oubliée de tous. Nous garons le camion et nous prenons le temps d’observer. C’est la grande époque des fenaisons, autour de nous, dans les champs, tout le monde s’active. Il faut couper les foins pour l’hiver. Mais dans ces paysages de moyenne montagne impossible de recourir aux moyens mécanisés, tout doit être fauché à la main.
Dès 7h on entend les premières pierres affuter les lames des faux. Il faut ensuite retourner les foins, puis le faire sécher sur de drôles de structures en bois, sorte d’étendages à herbe qui scindent les prairies de leurs grandes silhouettes vertes rectilignes. Si la météo est clémente, et c’est bien rare, l’herbe est suffisamment sèche en deux jours, il reste encore à la rassembler en un même point avant de commencer l’élévation des meules.
Trois ou quatre hommes s’astreignent alors, patiemment, à ranger l’herbe sèche le plus convenablement possible sur une base de branches de noisetier au milieu desquels se dresse, le mat de la meule, la branche centrale.
Une fois la meule formée et la taille désirée atteinte il leur faut briser leur ouvrage, les épis de la meule sont soigneusement recoiffés à grands coups de râteaux, les tiges mises au pas, un homme se charge de monter sur la meule pour la tasser. Et puis à nouveau la grande séance de coiffure, le hissage une nouvelle fois du surplus de foin, une dernière coupe, un dernier coup de pied sur le haut, tout tient bon. La meule est splendide, il est temps pour les faucheurs d’attaquer le façonnage de la seconde s’ils veulent rentrer avant la nuit.
Le spectacle est fascinant de perfection et de savoir-faire, c’est la grande parade du monde paysan. On devine pourtant la fin d’un cycle, bientôt ces terres seront abandonnées à la forêt ou envahies de broussailles tant le travail est dur et physique. Demain, qui voudra encore consacrer son énergie et surtout son temps à l’agriculture dans des conditions si difficiles ?
Et ce n’est pas la trilogie documentaire « Profils Paysans » de Raymond Depardon, que nous regardons en parallèle qui nous redonne espoir.

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Rassurez-vous, pas de sinistrose pour autant à bord du Poulpe. A nous qui n’avons ni chèvre, ni vache, ni poule, ni cochon il nous reste du temps libre pour courir les forêts qui surmontent les collines. Car figurez-vous qu’en ce moment c’est la grande période des champignons ; girolles et cèpes sont de sorties. Très vite le Poulpe se remplit de champignons séchés  tandis que nos estomacs se chargent des plus frais.

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Chassés par la pluie nous poursuivons notre route en essayant d’éviter les chemins trop battus, car avec l’été arrivent les premiers vacanciers, heureusement que les averses roumaines nous préservent encore un peu. Et puis avec un parapluie on peut très bien se promener, non ?

Finalement arrive l’heure de partir, il nous faut laisser derrière nous ce pays qui nous a tant plus et qui nous a tant marqué ; ces montagnes ruisselantes d’eau, ces collines surmontées de chênaies centenaires, l’abondance des champignons, la générosité sans faille des habitants, la mosaïque incroyable de nationalités, de langues, de religions. Ah, il va nous manquer le zakuska maison, on va les pleurer longuement les alambics municipaux ; quant à ces lien incroyables existant entre villes et campagnes il n’est pas certain qu’il nous soit donné l’occasion de les revoir un jour.

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Mais heureusement avant de retrouver l’Europe de l’ouest et ses kyrielles de règlements, de lois et de prescriptions savantes et emmerdantes il nous reste quelques semaines pour folâtrer dans le Far-East. Car le prochain Jdb c’est en Ukraine qu’il va se passer, Yeeehaaaaa !!

Journal de bord du 8 au 21 juin

Un Américain dans les poches, et nous voici repartis !
Saute la puce et bondit le mouton, nous voici en terre Saxe de Roumanie, championne des églises fortifiées aux serrures démesurées.

Au rayon fortifications encore et toujours, nous déplaçons notre campement à Sighisoara, ville fortifiée classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au sol des pavés, en l’air un clocher, au milieu des japonais ! Voilà bien longtemps que nous n’avions pas vu de telles hordes de touristes.

Bon cette fois c’est la bonne, on s’écarte définitivement des villes. On sort notre carte MARCO POLO IGN Roumanie 1992 et on suit les routes vertes (=joli paysage) où s’échelonnent les villages marqués  de une voire de deux étoiles. Drôle de choix. On se retrouve balancés dans un univers touristique digne d’un film est allemand des années 60. Faux chalets où s’étalent d’inutiles souvenirs fabriqués en Chine, des friteries, de grands parkings. Heureusement il y a plein de balades à faire autour, toutes chouettes, rocailleuses ou forestières, parfois pluvieuses.

Car oui, la pluie est bien de la partie. Chaque jour apporte son nouveau lot de gouttes, mais c’est tant mieux, nous n’avons que plus de temps pour jouer au Ligretto avec Clifton l’américain tatoué qui vadrouille avec nous.
Mais le Ligretto c’est épuisant et le chou ça va un temps mais il vient un moment où il est bon de l’accompagner de fromage. Et ça tombe bien car les hongrois des montagnes, la minorité majoritaire du coin, produisent dans leurs alpages un fromage à pâte cuite, le cascaval (prononcer kachkaval). Seul nuage dans le ciel gris, les fromages ne s’achètent qu’entier, 10-12 kilos minimum et ni nos sourires, ni nos têtes de touristes curieux ne feront changer d’avis ces fiers gaillards. Après quelques négociations avec un voisin, un voyage en pick-up chez son pote nous trouvons le moyen d’acheter nos ridicules 2,5kg de fromage à un fermier hongrois. A notre arrivée l’éleveur finit tout juste de se raser, tandis que jaillissent des ondes saxes de vieux tubes allemands, un verre de bière plus loin et nous prenons  possession de notre futur casse-croute dans une ambiance far-west façon magyar.

La semaine se terminera sous la pluie et le soleil dans les ravissantes collines qui bordent Targu Mures à aider des joyeux zozos pour l’organisation d’un sacré festival.

Journal de bord du 24 mai au 7 juin

Nouvel épisode d’un Poulpe à la ville. Après des semaines passées dans les forêts et les campagnes nous revoici connecté au grand univers urbain. Nous élisons domicile à la Casa de Cultura Permanente sur les hauteurs de Cluj-Napoca.
La maison a pour principe d’être ouverte à tous les voyageurs, curieux ou bénévoles de passage. Il est possible de venir y manger, d’y dormir, d’y organiser des ateliers, de participer à sa construction, d’aider au jardin ou simplement d’y prendre du bon temps. Sur le papier la description est idyllique dans les faits l’optimisme bon enfant et le refus de prendre en considération les réalités existantes aboutissent à des phases de tensions fluctuantes.

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Il n’empêche, la maison est suffisamment spacieuse pour que tout le monde y trouve sa place, les projets qui lui sont liés sont nombreux, variés et offrent mille et uns moyens de s’investir dans la vie Cluj-Napociaine. Les habitants de passage fourmillent d’idées, de passions, de contacts et il est rare de s’ennuyer.

Plus généralement d’ailleurs la capitale transylvanienne ne  semble pas connaître l’ennui, candidate pour le titre de capitale européenne de la culture, la ville multiplie les festivals, les concerts, les animations, les soirées et autres expositions. Très vite on s’y sent comme un poisson dans l’eau. Au hasard d’un événement Food Not Bomb (mais si rappelez-vous Istanbul !), nous faisons la connaissance d’un groupe de québécois  activistes que nous ne lâcherons plus. Et puis il y a Marine (clique pour voir son site !), une jeune journaliste rigolote et pêchu, que l’on suit ou qui nous accompagne dans l’une ou l’autre de nos vadrouilles !

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Le programme change chaque jour même si le jardinage semble être notre matière favorite. Une fois par semaine, il faut aider Dana, une agricultrice qui fournit une douzaine de paniers de légumes pour une petite Amap. Et puis il y a les québécois qui s’occupent de plusieurs potagers en villes et puis aussi l’association EcoRuralis qui tente de préserver et de propager des semences libres provenant de souches locales. C’est l’époque de l’acacia et du sureau pour les conserves et les sirops. Les fraises rougissent et les bocaux de confitures sont à remplir pour l’hiver.

Les Québécois, toujours eux, organisent ce soir une soirée pizzas, fougasses et bière maison dans leur nouvelle maison/local, vite, vite, vite. Mais le lendemain c’est au tour du légendaire Danaga de remixer de vieux accords roumains sur de la musique électronique. Mazette mais aura-t-on encore assez de force pour assister à la performance technelectro dans les gorges naturelles de Cheile Turzi.
Vite un oignon vert du jardin, passe-moi la zacusca énergie on doit aller jouer à la pétanque, un peu de fromage et hop on file voir Manu chao…

Soirée

Crédit photo : Marine Leduc

Décidément il n’y a pas à dire la ville c’est rapide et il y a tant à faire, tant de roumains à qui parler, tant de hongrois (la grosse minorité locale) avec qui se lier, tant de bars où traîner, tant de jardins à défricher, tant d’énergie à dépenser qu’on n‘arrive plus à s’arrêter.

Poulpe

Crédit photo : Marine Leduc

Pourtant il nous faut filer, La Casa a besoin de place pour de nouveaux arrivants et nous voulons vraiment passer un peu de temps dans les montagnes.
Un dernier concert pour la route, un nouvel américain dans la soute et nous voilà parti pour de nouvelles aventures mais cette fois plus champêtres !!