La chasse à l’asperge sauvage

Fini l’hiver, le froid, la grisaille, la neige, le ski et le green chaud voici venu le printemps et  ses cohortes d’asperges sauvages.
Pas trop tôt d’ailleurs parce qu’en hiver pas facile de trouver de quoi manger dans les prés à part quelques indestructibles champignons, les olives sauvages et non récoltées et bien entendu quelques fruits oubliés dans les champs d’orangers.
Alors nous on a été tout heureux de voir sur les bords des routes des grecs se baisser sous les oliviers pour la collecte des asperges. On a bien observé et puis on s’est lancé et vlan ! Une nouvelle passion de chasseurs d’asperges sauvages s’est révélée à nous, on s’est trouvé le besoin irrépressible d’en parler.

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Pour traquer l’aspargus acutifolius pas besoin de matériel particulier, une paire de tongs pour célébrer le printemps qui vient et un petit panier pour transporter vos prises devraient vous suffire.
Dans un premier temps il vous faudra repérer le terrain !

Repos

Nos précédentes chasses nous ont appris que les asperges avaient un petit faible pour les oliveraies, les lisières de forêts de pins, les bords de mer, les ronciers délimitant les nationales, les vignes et très certainement beaucoup d’autres encore mais la beauté de la chasse ne réside-t-elle pas aussi dans ces balades sauvages le long des autoroutes à la recherche du « spot » ? Une seule condition le climat doit être de type méditerranéen, désolé pour vous amis du nord.

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Une fois que vous avez localisé le buisson vert et épineux si caractéristique vous allez pouvoir commencer l’affût, car les jeunes pousses ne sortent jamais bien loin dans le but de propager le domaine familial.
C’est ici qu’une attitude particulièrement discrète est requise. Il faut veiller à bien fléchir les genoux et, en faisant le moins de mouvements brusques possible, tâcher d’infléchir son dos jusqu’à atteindre une inclination du corps parallèle au sol. Sans plus bouger, le chasseur en éveil devra alors observer attentivement les dessous du bosquet à la recherche de sa proie. De nos précédentes battues nous avons conservé la tactique suivante, une fois la prise localisée mieux vaut ne pas charger tout de suite et garder son calme le temps de repérer l’ensemble des jeunes pousses.

Asperges buisson

Vient le moment de l’attaque, celle-ci doit être sauvage et brève. D’un pincement précis entre pouce et index vous aurez pour objectif d’étêter votre cible. Quelques gouttes de sève devraient perler sur vos doigts et laisser sur ceux-ci l’odeur caractéristique du Méthyl mercaptan. Cette molécule contenue dans les asperges qui possède le fabuleux pouvoir d’aromatiser l’urine. Cuisson et digestion n’auront pas grand effet sur cette terrible chimie et il vous faudra faire preuve d’humilité au moment de passer aux toilettes.

Ciseaux asperge

Au chapitre cuisine c’est facile. Soit toutes crues, une fois votre position sécurisée derrière un arbre ; soit blanchies 1 minute 30 dans une casserole d’eau bouillante salée, et hop ne reste plus qu’à les faire tremper dans l’eau froide pour stopper la cuisson et conserver la couleur verte. En même temps faire cuire une dizaine de gousses d’ail avec leur peau dans un bon décilitre d’huile d’olive. Recouvrir les asperges de l’huile et manger sur du pain avec l’ail chaud.