La pêche du bord aux leurres en méditerranée

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Presque quatre mois à longer la mer depuis l’extrême Est de la Turquie jusqu’à la Grèce. Quatre mois c’est cent-vingt jours environ, soit deux-cent-quarante occasions de sortir pêcher. Quatre mois c’est plus de deux mille kilomètres de littoral parcouru, plusieurs dizaines de capots, du vent, de la pluie, des dauphins, du poisson, du bateau-stop, des marches dans le maquis, du soleil, des olives, du poisson, des rêves de poissons, des rochers, des vagues énormes, toujours plus de capots, des poissons trophées qui s’envolent, des nœuds mal-faits qui vous font crier seul dans la nuit, quelques leurres trouvés sur la grève, encore des poissons, un Rapala© planté dans le doigt, des pêches miraculeuses, toujours moins de capot et un attachement puissant à la mer.

Avant ce voyage j’avais toujours pensé que seul l’Atlantique réservait des pêches exceptionnelles et des gros poissons pour le pêcheur du bord, grosse erreur. La méditerranée, là où elle n’est ni trop surpêchée, ni trop polluée regorge d’une quantité et surtout d’une diversité de poissons impressionnante. Bien sûr les pêcheurs bretons pourront toujours se rengorger d’avoir des bars plus gros que les loups du sud, mais ils peuvent chercher encore longtemps dans les environs de Brest ou de Lorient les chasses de barracudas, les liches en activité, les grands bancs de bonites, le mérou blanc, les gros sars ou les oblades déchainées.

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Toutes mes parties de pêche se sont déroulées entre décembre et avril, entre la Turquie et la Grèce. La saison, la température de l’eau, le lieu ont, de toute évidence, des incidences importantes sur le type de poisson recherché et sur les techniques déployées.
Avant d’arriver à sortir de l’eau des spécimens honorables en assez grand nombre pour ne pas être moqué à mon retour au Poulpe il m’a fallu enchaîner capots sur brocouilles et bien souvent, sauver la journée en me vengeant sur de pauvres sarrans-écriture.

De ces centaines d’heures passées au bord de l’eau j’ai retiré ces quelques trucs et montages qui m’ont permis de rentrer le sourire aux lèvres.

  1. Les meilleures pêches ont été réalisées les jours de gros temps et de grand vent, quand les vagues viennent frapper fort contre les rochers et quand les autres pêcheurs rentrent chez eux.
  2. Les meilleures pêches ont été réalisées dans des endroits difficiles d’accès, à l’abri des regards et loin des parkings.
  3. Les meilleures pêches ont été réalisées avec des leurres minuscules, des grammages de lilliputiens, un fil fin et une approche ultra-discrète.
  4. Les meilleures pêches ont été réalisées à moins de 10m du bord.
  5. Les meilleures pêches ont été réalisées avec le montage maison suivant.

Montage

  1. Les plus gros capots ont eu lieu les jours de calme plat dans une mer d’huile en plein après-midi.
  2. Les plus gros capots ont eu lieu avec des leurres lourds et bruyants type ondulante ou gros poisson-nageurs à billes bruiteuses.
  3. Les spots les plus prolifiques ont principalement été recensés grâce à une étude approfondie des cartes, de Googlemaps, et du « sens de l’eau ».

Quand on n’a jamais trop pêché en mer difficile de savoir par où commencer. Une rivière ce n’est jamais bien grand et puis il y a des plats, des obstacles, des contre-courants, des bras morts, des pools, des caches sous les berges, bref tous ces indices qui vous font sentir que le poisson doit se sentir bien à tel endroit plus qu’à tel autre. La mer un jour de grand beau, c’est vaste, c’est plat, c’est sans fin et c’est quasi illisible pour qui ne connait ni les fonds, ni les poissons, ni leurs habitudes.
J’ai donc du tout réapprendre et adapter mon sens de l’eau, voici quelques tuyaux qui je l’espère pourront vous aider, même si rien ne remplace la pratique et les balades le long de la côte.

Faute de matériel adéquat et pour éviter l’ennui de lancers répétitifs j’ai mis de côté les pêches depuis la plage pour me concentrer sur les tombants rocheux. Un rapide coup d’œil sur Googlemaps permet souvent de localiser des pointes rocheuses à la sortie d’anses ou de criques, là où les fonds sont plus importants et où l’on risque de trouver des courants marins.
Une fois le coin localisé il faut espérer que la météo soit avec vous, coup de vent, ciel blanc, lendemain de tempête ou mieux encore tempête !

Les jours de calme plat quand il est possible de voir le fond à plus de huit dix mètres j’ai fait l’essentiel de mes prises avec un Raglou©  bleu équipé d’une tête plombée de 1,5 ou 2g avec un nylon fin, l’animation très discrète fait suite à des coulées importante le long de chaque rocher. On peut espérer quelques gros poissons de roche, petit mérou, barracuda, liche en goguette tout en faisant sortir une ou deux seiches.

Raglou

Les jours ou la mer est trouble et déchainée, lorsque les vagues viennent se fracasser à vos pieds dans un bruit d’enfer vous pouvez criez Bingo. Enfilez vite votre plus beau ciré, de bonnes chaussures de randonnée et partez sur les pointes battus par les flots, les carnassiers aussi sont de sortie.

Rapala

Toutes les prises l’ont été à mes pieds, peut-être à cause du vent et de l’impossibilité de lancer à plus d’une dizaine de mètres mais surtout, je crois, parce que les poissons viennent s’alimenter des débris de coquillages et d’algues que décollent les vagues. Un micro Raglou© que l’on lance au vent et que l’on laisse trainer dans les bouillons en ramenant doucement. Une fois la bonne orientation de la côte trouvée, un peu comme pour les champignons certains versants sont plus propices que d’autre selon les jours et indépendamment du sens du vent, (si quelqu’un à une suggestion à me proposer ???) les touches et les prises s’enchaînent. Poissons visés oblades, sars, dorades royales, barsets et bars, pagres, bogues, gros chinchards…

Attention à ne prélever que le nécessaire pour un seul repas !!!

Pour gagner en distance et pour exciter plus encore la frénésie du poisson vous pouvez monter un ou deux Raglou© en mitraillette devant un poisson-nageur flottant. Succès garanti. Et si les bouches des sparidés restent trop petites pour votre hameçon vous pouvez bien sûr attachez un minuscule triple volant sur la queue du Raglou©.

Bon capot et bonnes pêches !

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