Le vélo morille

Le printemps pour les amateurs de champignons c’est certes le cuicui des oiseaux, le coucou qui résonne, l’herbe qui reverdit et la saison de la pêche qui redémarre, mais la venue des beaux jours rime surtout avec champignons mes amours !
A partir d’avril les premières morilles commencent à montrer le bout de leurs spores, tandis que les habitants du Poulpe se remettent à parcourir les forêts.
Pas difficile à reconnaître la morchella esculenta, avec son pied blanc aussi ferme que creux et son chapeau marron ou noir de forme irrégulière qui s’étire vers le haut parsemé d’alvéoles.

IMG_0103

Des morilles on en a trouvées sous les sapins au milieu de grandes forêts, sur les sentiers au milieu d’un pré ou sur les bas-côtés des routes, dans les talus sableux à la limite des pinèdes, dans les décombres d’un incendie de forêts. C’est à croire qu’elles poussent partout ou presque.

IMG_0101

Reste à saisir sur quel terrain les morilles se trouvent à l’aise, sur quel versant le mycélium se sent chez lui, le tout pas trop loin de chez vous. Et pour ça rien de mieux que le vélo !
Et oui le Cinéfritour abandonne parfois son Poulpe et troque huile de friture contre huile de coude pour avancer à grands coups de pédales.
Un couteau dans la poche, un panier sur le guidon et vous voilà fin prêt pour écumer les petites routes de montagnes, les talus du coin, les départementales à l’abandon et tous les chemins sans trop de voitures où vous pourrez avancer sans trop vous presser les yeux fixés sur les buttes de terre qui bordent le chemin.
En pédalant à vitesse moyenne il est possible de repérer des tâches noirâtres qui doivent entraîner un freinage immédiat et une étude approfondie des environs, la morille sortant presque toujours accompagnée. Ne pas hésiter à mettre pied à terre et à fouiller plus attentivement les lieux.

IMG_4325

Mais attention même hors de terre les morilles gardent pour elles une dernière botte secrète, l’hémolysine, une substance toxique qui a la fâcheuse tendance de s’en prendre à vos globules rouges mais qui disparaît lorsqu’elles sont séchées ou cuites pour un temps relativement long.

IMG_0105

Enfin, on vous conseille de ne pas lésiner sur les quantités, elles ont du goût mais pas autant que les truffes. La recette la plus plébiscitée de toutes fut celle inspirée par Jean-Pierre Vigato.

 Ingrédients pour 4 personnes :

  • 1/2 litres d’un vin type Arbois blanc
  • 20 morilles fraiches ou desséchées
  • 50g de beurre de baratte
  • 50cl de crème fraiche d’excellente qualité
  • Sel et poivre

Recette :

Tremper les morilles dans le vin pour 4 ou 5 heures, les essorer et les cuire au beurre et à feu doux dans une poêle à large bord jusqu’à ce qu’elles ne rendent plus de jus. Saler, poivrer et mouiller les morilles avec une partie du vin ayant servi à les faire tremper. Ajouter ensuite la crème et mélanger délicatement, cuire pour une dizaine de minutes. Vérifier la cuisson en piquant les morilles avec une fourchette. Servir aussitôt les morilles dans une assiette creuse recouverte de la crème, accompagner le tout d’un excellent pain pour saucer.
Le vin ayant servi à réhydrater les morilles peut être utilisé pour un risotto, pour des pâtes ou comme base pour des soupes !

Publicités