Techniques de pêche en voyage


A bord du Poulpe on aime tous le poisson, surtout quand il est pêché par nos soins. Et pour être certain de parvenir à nous nourrir nous avons pris soin d’emporter avec nous poissons-nageurs, leurres souples et ondulantes en pagaille mais, foi de voyageur, nous n’avons pas omis d’apprendre les techniques locales. On vous présente ici quelques méthodes qui ont fait leurs preuves en Asie centrale et ailleurs.
Attention tout de même, certaines pratiques sont à classer dans la catégorie braconnage. Nous vous déconseillons fortement, pour la santé des rivières et pour votre porte-monnaie, d’essayer de les mettre en œuvre et si vraiment votre curiosité outrepasse votre respect de la légalité, Prenez garde à ne jamais garder plus que le nécessaire pour un seul et unique repas !!!

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La cuillère Kirghize

Difficile d’aborder les torrents kirghizes. Les montagnes sont hautes, les glaciers sont énormes et les débits impressionnants de puissance. Impossible de traverser à pied, dur de voir les poissons tant les eaux sont chargées de sédiments raclés par les glaciers et rares sont les plats où les chercher au lancer.
Reste une solution piquée à un pêcheur russe qui a fait ses preuves. Une simple canne à coup de 4 ou 5 mètres, un fil de la longueur de la canne en 20/100, un émerillon pour éviter de vriller l’ensemble et une cuillère jaune ou argentée n°2.
Il faut aborder la rivière d’amont vers l’aval en pêchant tous les trous d’eau, aussi petits soient-ils, en laissant simplement la cuillère tourner dans le courant. Les zones de pêche sont minuscules mais très nombreuses. Au bout de quelques essais le geste devient plus sûr et les premières truites se laissent piquer.
Au Kirghizstan les rivières de couleur blanche ou laiteuses n’ont jamais données de bons résultats à la différence des eaux claires. La rivière qui coule dans les gorges d’Ala Madine est particulièrement poissonneuse.

Le filet fait main

La pêche au filet. Bien plus rapide que la canne à pêche, plus économique que la pêche électrique, moins polluante que la pêche au DDT, elle a tout pour plaire.
La première étape consiste à fabriquer votre nasse. Notre modèle fut copié sur celui d’un habitant du cru ayant réalisé une pêche miraculeuse devant nos yeux. Voici pour vous le montage réalisé par nos soins.

Filet

La méthode de pêche est ensuite assez simple. Elle a néanmoins le mérite de procurer un bien être immédiat, de laver les doigts de pieds des éléments les plus réfractaires aux douches, de rafraîchir en été, de muscler les plus faibles et surtout d’entretenir un bel esprit d’équipe. Nous la conseillons d’ailleurs à tous les concepteurs d’évènements incentive pour souder les équipes d’ingénieurs ou de commerciaux moribonds et par là même augmenter la productivité !
Nos prises se sont limitées à de belles fritures mais les kirghizes, toujours un brin moqueurs, nous ont montré qu’il est facilement possible d’améliorer la technique pour aller vers du plus gros !!

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Le filet Kirghize

Sur les bords de la rivière Susamyr nous avons eu droit à un véritable cours de pêche. Le principe est très simple, le matériel peu couteux mais la technique demande un peu d’expérience. Le résultat est par contre bluffant !
Il est possible de pêcher à pied ou à cheval pour les plus réfractaires aux eaux froides. Le but est simple descendre le plus rapidement une rivière (d’amont en aval) en tendant entre les deux berges un long filet glissant sur les galets. Facile à dire plus difficile à faire. Un Kirghize assez doué nous montré qu’en 1h à peine il était possible de pêcher plus de 25kg de poisson…

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La tirette de la Volga

La Volga, une rivière qui marque à vie tous les pêcheurs. Une incroyable densité de perches, de brochets, de sandres, de silures, d’esturgeons, de poissons blancs et de tout ce que vous voulez plomb et mercure inclus. Des pêcheurs docilement rangés les uns à la suite des autres qui attendent que le bouchon coule avec envie. Si les bourriches des locaux restent le plus souvent bien vides quelques-uns d’entre eux parviennent à tirer leur épingle du jeu à peu de frais.
Le matériel est minimaliste une cordelette de 50 mètres se terminant par un bas de ligne de 3 mètres en 30/100 au bout duquel est fixé un plomb ou une pierre de 300 à 500 grammes. Sur l’avançon, un peu à la façon d’une mitraillette à maquereau, sont fixées quatre plumes colorées avec hameçons.
Pour pêcher il suffit de bomber le torse, d’effectuer deux ou trois tours sur soi-même et pour finir propulser le leurre le plus loin possible. On a compris où se recyclaient les anciens lanceurs de poids soviétiques. Une fois le contact établi avec le fond le pêcheur se contente de tendre et détendre sa ligne pour l’animer, sorte de drop-shot local. Etonnant mais ça fonctionne plutôt bien pour les perches et les sandres !!

Le loup à la croquette

Dire que j’avais toujours cru la méditerranée peuplée seulement de castagnoles, de mulets, de girelles, de gobies et de sarans ! Quatre mois à courir sur les cailloux et me voilà convaincu du contraire, la belle-bleue regorge de poissons, et de gros, pour qui sait les leurrer.
Le plus bel enseignement je le dois sans doute à ce vieux pêcheur grec de l’île d’Eubée, qui par un temps venteux et pluvieux trouva le moyen de sortir dans un mètre d’eau huit bars en moins de trois heures, avec pour seul matériel une bobine de fil 18°/°° et un hameçon triple double zéro.
L’appât c’est une purée de croquette pour chien. Pour faciliter l’amorçage je conseille de bien écraser les croquettes entre deux pierres sèches, de les mélanger ensuite à du beurre par faciliter la tenue et si nécessaire d’ajouter un peu d’eau. On doit obtenir une pate souple et collante qui tient facilement sur un triple sans se déliter.

Reste à trouver le bon spot. Tous les pêcheurs observés recherchaient des bancs de sable proches des rochers et surtout des fonds peu important, maximum deux à trois mètres. Les jours venteux, lorsque la mer se trouble, semblent être les plus prolifiques.
La pêche peut alors commencer. Quelques lancers de croquettes réduites en poudre pour ameuter le poisson pendant que vous préparez votre pêche.
Le montage est on ne peut plus simple une bobine de fil se terminant par un triple minuscule. La pâte de croquettes fait office de plomb. Encore un peu de patience pour apprendre à lancer aisément à 10 mètres du bord sans emmêlez la ligne et vous voilà prêt à pêcher. En mois d’une demi-heure les premiers mulets et bars devraient se montrer. Craintifs d’abord ils vont vite succomber à une période de frénésie alimentaire pendant laquelle ils vont tout oublier.  Il est nécessaire de relancer de petites quantités de pâte de croquettes toutes les cinq ou dix minutes pour maintenir l’activité.
L’action de pêche est relativement aisée, elle consiste à envoyer sans bruit la ligne dans la zone où se concentrent les bars, puis ramener sans attendre d’un mouvement lent le fil à vos pieds. Une fois votre ligne totalement remonté il faut changer l’appât et recommencer sans jamais s’arrêter.
Toute la subtilité de la technique réside dans l’extrême discrétion du pêcheur qui doit prendre garde à ne jamais bouger et à ne pas faire de gestes brusques. L’action d’une canne à pêche suffit à effrayer le poisson !
Avantage certain de la technique, le montage plus les appâts vous reviennent à moins de 10€ pour un encombrement minimum !
Attention quand même la technique peut paraître simple mais elle nécessite un grand sens de l’eau pour choisir le coin de pêche, une concentration à toute épreuve et une certaine précision dans le lancer. Des polarisantes sont un vrai plus !!